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Énoncer Pierre Disderot, c’est un peu comme un mentionner un goût certain, une valeur sure. Les luminaires produits par les Ateliers Pierre Disderot sont devenus des icônes du XXème siècle. Prochainement, un ensemble d’une dizaine de luminaires réédités sera présenté lors de la Paris Design Week, en septembre 2017.

Une histoire qui date

Le rachat, en 1984, des Ateliers Pierre Disderot par la société Soka passe presque inaperçu. Les célèbres luminaires des plus grands designers du XXème siècle ne sont alors prisés que par des collectionneurs avertis. Il faudra attendre plusieurs années avant que le travail de Galeries et d’étudiants en histoire de l’art, montre combien nous pouvons aujourd’hui, parler de « mythe ».

Atelier Pierre Disderot

Après son diplôme d’ingénieur en électricité, Pierre Disderot se spécialise en appareils d’éclairage et ouvre son atelier en 1948 à Cachan. Il a connu Auguste Perret, André Bloc et a rencontré Marcel Gascoin. C’est aussi un chef d’entreprise attentif aux motivations et intentions cachées derrière les conceptions des designers. Un vent de modernité souffle et il adhère immédiatement aux nouveaux projets. Il a compris très tôt l’intérêt des propositions de ces « jeunes loups ». Avec ARP, Alain Richard ou Joseph-André Motte, ils ont donné naissance à une multitude de modèles qui ont contribué à réinventer l’éclairage intérieur.

L’activité des ateliers est un grand succès et Disderot s’adjoint la collaboration de Pierre Paulin, de Jacques Dumont, de René Jean Caillette, puis dans les années 60’ d’Etienne Fermigier, de Roger Fatus ou d’Olivier Mourgue et ensuite de François Arnal. Les Ateliers compteront jusqu’à 80 personnes. Le système de distribution reste artisanal, et en dehors des commandes spéciales, la plupart des ventes sont faites au salon des arts ménagers.

Rotaflex

Après le déménagement de l’usine en 1967-68 à Choisy-le-Roi, Disderot achète plusieurs licences de produits nouveaux comme ce fil d’acétate collé par un goutte à goutte d’acétone sur un moule en bois et qui donnera naissance à la marque Rotaflex. Guariche, Motte, Mortier et bien sur l’ARP s’en emparèrent et produisent quelques-uns des plus beaux modèles dans ce matériau réputé moderne, lumineux, incassable, facile à nettoyer et dont la lumière était tellement chaleureuse.

Réédition par Disderot

Atelier Pierre DisderotPour Stephan Clout et Francois Grelet, cela ne fait aucun doute « l’idée de perpétuer l’œuvre d’un des plus grands éditeurs de luminaires français fait partie de l’ADN de la société Soka qui est aussi un fabricant de luminaires. Le projet est resté longtemps dans les cartons et nous avons décidé de faire revivre un patrimoine extraordinaire et pour lesquels nous détenons les droits » ajoutent-t-ils.

Une collection de plus de 200 luminaires et sur laquelle Disderot a sélectionné une dizaine de modèles. Ils seront réédités dans le respect des œuvres originales et du savoir faire artisanal. Le fabricant met un point d’honneur à être conforme aux originaux. Ils seront distribués sous la marque Disderot après une mise aux normes car, par exemple « il n’est plus possible de vendre des luminaires qui tournent à 360° aujourd’hui » précise Stephan Clout.

Disderot perpétue aujourd’hui l’esprit de la création française des années 50 à 70 avec cette collection fabriquée en France, dans le respect de la tradition et de la qualité. La réédition réunira appliques murales, lampadaires, plafonniers et lampes de bureau. Chaque modèle édité sera numéroté et accompagné d’un certificat d’authenticité. Les premières rééditions seront présentées en septembre 2017 lors de la Paris Design Week. A suivre donc !

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