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La dernière exposition, à Paris, sur le Bauhaus remonte à 1969 et fut organisée au Musée d’Art Moderne. C’est une belle occasion de revenir sur une école qui contribue, encore aujourd’hui, a faire rayonner une forme de modernité dans le monde entier. L’exposition, dont la scénographie s’accompagne de plus de 900 pièces, est organisée autour des ateliers de l’école.

Une visite organisée par Ateliers

A l’image d’un étudiant, la visite suit et reprend toutes les étapes du programme d’enseignement, après une premiere salle consacrée aux influences et mouvements antérieurs ainsi qu’une composition réalisée autour de pièce de mobilier d’Henry van de Velde. En effet, Walter Gropuis et Henry van de Velde, directeur de l’école des Métiers d’Arts de Weimar, étaient proches. Membre du Deutscher Werkbund (Union de l’oeuvre Allemande – Munich), ils ont très tot défendu la relation qui devait présider entre l’artiste et l’industrie et qui divergeait de la vision de Muthesius.

L'esprit du Bauhaus - Musée des Arts DécoratifsHermann Muthesius souhaitait que les industriels établissent « les normes d’une production nationale sur la base d’une standardisation ». Il justifiait une forme d’esthétique industrielle en caractérisant un objet simple comme « une tasse… possède en général la même forme partout ou elle a été conçue et de tout temps ; elle reste inchangée, en principe, qu’elle soit faite de bois, d’argile, de verre… L’idée fondamentale d’une œuvre d’art, dont la forme découle de son usage et de sa fonction, est indépendante des matériaux, et des conditions temporelles et locales ».

Henry van de Velde « rappelaient l’importance d’une vision artistique à la racine de toute conception moderne ». Il défendait la création de l’artiste, sa signature, sa liberté.

Nommée Proviseur en 1914, Walter Gropuis commence a réfléchir à un programme nouveau pour les écoles d’Arts. Il sera engagé en 1919, et rassemblera les idées de Muthesius et de van de Velde pour mettre en œuvre « le projet d’un établissement d’enseignement, conseiller artistique de l’industrie, des métiers d’art et de l’artisanat ». Son but était de faire disparaître les barrières et les distinction de classes qui existaient entre l’art et l’artisanat qu’il décrit dans son manifeste inaugural : «… Il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan. […] Voulons, concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture […] »

L'esprit du Bauhaus - Musée des Arts DécoratifsUn cursus double : formel et pratique

Il n’y avait aucun prerequis particuliers pour être admis au cursus de 4 ans réparti sur 9 semestres. Les candidats devaient présenter un dossier accompagné d’exemples de travaux déjà réalisés.

Le cursus mettait au même niveau la théorie et la pratique. Les étudiants sélectionnés intégraient un cours préliminaire d’une durée d’un an qui favorisait le dés-apprentissage des théories et des idées issues des enseignements académiques, mais aussi a ouvrir l’esprit des élèves.

Dispensé par Johannes Ittem à la création de l’école, cette formation permettait de remettre tous le monde au même niveau et se focalisait sur les propriétés fondamentales des matériaux, des formes et de chaque mouvement.

La formation comporte trois volet : technique, formel et scientifique. Les étudiants passent par différents ateliers qui comportent un maitre de forme (esthétique-théorie) et un maitre d’atelier (technique artisanal). Les principaux ateliers sont tous d’atisanat : Reliure, textile, imprimerie, métal, bois, céramique, couleur…

L’apprentissage se fait aussi bien dans les salles de cours, dans les ateliers que lors de manifestations extra-scolaires ou au quotidien. Tout est prétexte à création.

Une implication sociale de l’école

Tous le monde a une capacité créatrice qui est entravée. Le modèle cherche à faire émerger ces capacités au travers des cures, diets ou de programmes divers… mais avait aussi une portée sociale dans un contexte économique et politique difficile des années 20 en Allemagne.

Au départ, plus de théorie que de pratique car pas suffisamment de moyens. L’arrivée de machine, etc… permettra de développer les ateliers.

La cantine confectionnait des plats macrobiotiques et mettait tout en oeuvre pour que les étudiants puissent manger. L’école était impliquée dans les logements, les repas, etc… Tous les étudiants avaient des petits boulots (aller chercher le charbon, cultiver un potager…) et l’esprit communautaire prévalait.

Les éléments créés pour des manifestations, comme les projets d’album par exemple, devaient pouvoir être édité et vendu. Ils permettaient de récolter des fonds. Walter Gropuis passait une grande partie de son temps sur les routes pour donner des conferences lucratives ou rechercher de financements auprès de mécènes.

 

L’esprit du Bauhaus – du 19 octobre 2016 au 26 février 2017

Musée des Arts Décoratifs

 

L'esprit du Bauhaus - Musée des Arts Décoratifs

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