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C’est au 6, rue de Lille à Paris que nous rencontrons Luc Allemand et Jean-François Foucher dans leur galerie. Les deux compères, spécialistes du design des années 1950, ont décidé d’ouvrir cet espace il y a un peu plus de deux ans.

Un défi que de s’installer à St Germain après avoir arpenté la France à la recherche de pièces pour fournir les galeries. Ils proposent aujourd’hui une sélection de créations des 1950’s à 1970’s à un public de collectionneurs et d’amateurs de design.

Luc Allemand et Jean-François FoucherAu cœur de la galerie, le design français des années 1950

Les designers français comme Joseph-André Motte, Mathieu Matégot ou encore Pierre Guariche s’exposent ici volontiers aux côtés du luminaire italien de la même époque ou encore du mobilier scandinave. Des pièces de Perriand, Prouvé et de Gino Sarfatti trouvent aussi régulièrement leur place ici. Ce sont de ces designers que la clientèle est la plus friande aujourd’hui, même si les galeristes restent dubitatifs quant à l’explosion des prix de certaines pièces en salle des ventes. On pense évidemment au bureau « Présidence » de Jean Prouvé, estimé entre 200 000 € et 300 000 €, qui a été adjugé à 900 000 € en mai 2015 chez Artcurial.

Être galeriste, c’est « se sentir de défendre »

Si pour les galeristes, l’important est avant tout la recherche d’un « esthétisme » et d’une « simplicité dans les formes », ils regrettent parfois que des créateurs comme Motte ou Guariche, pour qui les pièces sont pourtant souvent très difficiles à trouver, passent un peu à la trappe à côté des noms plus connus du design français. Mais cela ne les freine pas puisqu’ils s’assignent un rôle de « défenseurs » de créateurs en sus de celui de marchand. Une démarche de long terme qu’ils inscrivent dans une volonté d’« attiser la curiosité » en présentant des pièces plus rares et en s’ouvrant peu à peu à d’autres types d’objets comme la céramique (une sélection de créations de Georges Jouve sera d’ailleurs exposée dans le cadre de Design Élysées en octobre prochain).

Des pièces qui plaisent ne se vendent pas forcément

Cette démarche, minutieuse et documentée, ne les empêche pas de faire attention à leurs achats. L’expérience d’un bureau Nelson ( modèle « Home Office 4658 »), un coup de cœur acheté aux débuts de la galerie, leur a montré qu’une pièce qu’ils pensaient vendre très vite peut rester exposée longtemps en dépit de son intérêt certain. Lorsqu’on dispose d’un espace restreint, cette pièce de choix devient alors encombrante. Car la précision de la sélection et la rareté des créations présentées n’induit curieusement pas nécessairement une clientèle foisonnante !

Luc Allemand et Jean-François FoucherUne jeune galerie qui crée sa réputation

Pour exister, il faut être connu. Or les galeries de la rue de Lille ou de la rue de Seine sont aujourd’hui moins fréquentées qu’il y a quinze ans. Beaucoup de choses se passent maintenant dans les salons. Ils sont même devenus « indispensables » pour se faire voir et fidéliser sa clientèle, nous expliquent les galeristes. Cette année, pour leur première foire, ce sera donc Art Élysées. Pourquoi ? Parce que le salon est spécialisé dans le design des années 50 à 70 et qu’il profite d’un emplacement de choix, à deux pas de la Fiac.

Art Élysées

Les deux passionnés espèrent ainsi pouvoir gagner en visibilité auprès d’une clientèle internationale et faire valoir leur démarche, rigoureuse et professionnelle. On y trouvera une belle sélection de créations françaises : outre les céramiques de Jouve, on découvrira des luminaires de Guariche bien sûr, un fauteuil Tripode « Christera » de Joseph-André Motte, et enfin un focus autour du travail de Michel Boyer. A découvrir du 22 au 26 octobre 2015.

Art Élysées — Section Design

Luc Allemand et Jean-François Foucher

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