1794
1794

Son nom veut dire « ébéniste » en arabe. Lui, c’est Mikael Najjar, neveu de menuisiers, passionné par le bois et expert du mobilier scandinave des années 1940 à 1960. Il y a quatre ans, il a ouvert un stand aux puces de St Ouen avec sa femme, Yaelle Bounan, artiste designer et spécialiste d’art contemporain. Cette année, ils exposent à Art Élysées | Art & Design, pour la première fois en leur nom, une sélection pointue de créations réalisées durant la période 1940-1960.

Mikael Najjar : le scandinave comme on le connaît peu !Tout a commencé avec sa mère qui créait des tentures en Belgique. De fil en aiguille, c’est dans l’aménagement d’intérieur que Mikael Najjar fait ses armes, aux côtés de sa mère. A la recherche de pièces pour aménager l’intérieur de familles fortunées du monde entier, il se fait l’oeil et chine du mobilier cinq ans durant. Insomniaque, c’est également au travers de livres étudiés la nuit qu’il développe sa connaissance du design scandinave. Petit à petit, il en fait son métier et, loin s’intéresser à l’aspect décoratif du mobilier scandinave, cherche à en découvrir l’essence, en chinant les précurseurs du mouvement et en s’intéressant au Swedish Grace, courant né dans les années 1930. Il ouvre alors une boutique dans le quartier des Puces à Bruxelles et décide finalement de partir à Paris, où il est installé au marché Paul Bert depuis quatre ans.

Les prémices du design scandinave : « la recherche de nouveautés dans le mobilier ancien »

Quand on pense design mobilier scandinave, on pense surtout à Finn Juhl et à Arne Jacobsen. Pas Najjar. Lui, il vous parlera de Otto Shultz ou de Josef Frank. Il chine « à la ligne ». Quand elle est intéressante, qu’elle est représentative d’une période (on entendra ici les années 1940 à 1960 mais rarement après), cela lui suffit presque. Ce n’est qu’après qu’il regroupe sa documentation et qu’il étudie le designer dans les moindres détails. C’est d’ailleurs de cette façon qu’il a découvert Viggo Boesen, qu’il défend à présent avec ardeur. Lorsqu’il a acheté son premier canapé du designer, ce sont les formes qui lui ont parlées et, même s’il avait senti un engouement de la part de certains marchands, aucune documentation n’était disponible à l’époque. Il avait misé juste : en mai dernier, un canapé attribué à Viggo Boesen, estimé entre 12 000 et 15 000 euros, a été adjugé à… 147 000 euros chez Sotheby’s !

Les années 1940 à 1960 avant tout

Si le galeriste s’est construit une réputation grâce à son expertise du mobilier scandinave, il n’a de cesse de continuer à ouvrir les champs du possible. Luminaire italien, mobilier Prouvé et canapés européens se mêlent donc volontiers au mobilier finlandais ou danois dans son espace. Une curiosité qu’il doit aussi à sa femme, passionnée d’art contemporain, qui s’occupe de la sélection des tableaux exposés. Le duo se rêve dans une galerie iconoclaste aux Etats-Unis, qui réunirait des œuvres d’art contemporain et des meubles des années 1940.

Ils creusent plus loin pour dénicher « des nouveautés dans l’ancien », à même de nous faire redécouvrir une époque. C’est sûrement pour cela que les marchands américains et les jeunes fortunes chinoises se pressent chez le galeriste belge : pour y trouver des créations rares et très spécifiques, comme une table basse de Pia Manu, brutaliste Belge des années 60, composée de pyrite, de béton et d’ardoise. La prochaine étape ? S’intéresser au mobilier américain des années 1940, en bois bien sûr, et pourquoi pas proposer à la vente en Europe ces pièces étonnantes et encore méconnues aujourd’hui.

Mikael Najjar : le scandinave comme on le connaît peu !Art Élysées | Art & Design : une foire pour exposer des pièces de choix

Vitrine essentielle, son stand aux Puces de St Ouen lui permet de diversifier sa clientèle. Pour certaines pièces, en revanche, ce n’est pas vraiment l’endroit idéal. Plus il chine des créations rares, plus sa clientèle s’éloigne du tout venant. Les salons sont donc le lieu incontournable pour présenter ces pièces de choix. Art Élysées d’autant plus, avec sa section design qui s’intéresse aux meubles des années 1950 à 1970. La mise en scène de la galerie MYN, à découvrir du 22 au 26 octobre, promet donc de belles surprises. On ne saura pas tout sur la sélection prévue mais suffisamment pour nous intriguer : un mur de panneaux accordéon de Prouvé habillera l’espace, la table basse de Pia Manu formera un duo avec un canapé Fédérico Munari d’origine, revêtu de velours frappé de chez Rubelli, un ensemble table et chaises de salle à manger de Hans Wegner mettra le design danois en avant et, bien sûr, c’est un set scandinave composé d’un canapé et d’un fauteuil Boesen qui occupera la place d’honneur !

Art Élysées – Art & Design

Foire d’art moderne et contemporain Art Élysées – Art & Design

Art Élysées – Section Design

Mikael Najjar : le scandinave comme on le connaît peu !

In this article